ÉCHEC DE LA PROVOCATION ANTI-CUBAINE

Traduction Michel Taupin

Les médias internationaux ont annoncé ces dernières semaines, l’intention du Secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro Lemes, de se rendre à La Havane pour recevoir un “prix” inventé par un groupuscule illégal anti-cubain qui opère de connivence avec la Fondation pour la Démocratie Panaméricaine d’extrême-droite, créée au cours du VIIème Sommet des Amériques à Panama, pour diriger les forces et les ressources contre les gouvernements légitimes et indépendants de “Notre Amérique”.

Le plan, fomenté à l’occasion de plusieurs voyages entre Washington et d’autres capitales de la région, était de monter, à La Havane, une grave provocation publique contre le gouvernement cubain, de créer de l’instabilité interne, de nuire à l’image internationale du pays et aussi, affecter la bonne marche des relations diplomatiques de Cuba avec les autres États. Peut-être que certains ont mal calculé et ont pensé que Cuba sacrifierait l’essentiel à l’apparence.

A ce spectacle ont été recrutés Almagro lui-même, et quelques autres personnages de droite qui participent à la prétendue Initiative Démocratique pour l’Espagne et les Amériques (IDEA), une organisation qui a également été très agressive ces dernières années contre la République bolivarienne du Venezuela et d’autres pays avec des gouvernements progressistes et de gauche en Amérique latine et dans les Caraïbes.

La tentative a pu compter sur la connivence et le soutien d’autres organisations avec de lourds antécédents anti-cubains, comme le Centre Démocratie et Communauté, le Centre d’Etudes et de Gestion pour le Développement de l’Amérique latine (CADAL), l’Institut Interaméricain pour la Démocratie, et du terroriste et agent de la CIA Carlos Alberto Montaner. En outre, depuis 2015, le lien est bien connu entre ces groupes et la National Endowment for Democracy US (NED), organisme étasunien qui reçoit des fonds du gouvernement de ce pays pour mettre en œuvre leurs programmes subversifs contre Cuba.

En apprenant ces projets et pour faire respecter les lois qui fondent la souveraineté de la nation, le gouvernement cubain a décidé de refuser l’entrée du territoire aux étrangers en lien avec les événements décrits.

Dans un démarche irréprochable de transparence et de respect des principes qui régissent les relations diplomatiques entre les États, les autorités cubaines ont contacté les gouvernements des pays d’où venaient ces personnes, les ont informés et ont essayé de les dissuader de commettre ces actes.

Comme stipulé dans les règlements de l’aviation civile internationale, les compagnies aériennes ont annulé les réservations des passagers qui n’étaient pas les bienvenus. Quelques-uns ont été rembarqués. D’autres ont cherché à manipuler les faits en fonction des intérêts politiques étroits dans leur propre pays, en lien avec les processus internes qui ont lieu chez eux.

Elles n’ont pas manqué les condamnations des défenseurs des faux persécutés, de membres de dictatures passées et de politiciens au chômage prêts à s’allier avec de vulgaires mercenaires au service et au nom d’intérêts étrangers, qui ne jouissent d’aucune reconnaissance à Cuba, mais qui vivent de calomnies insoutenables, se posent en victimes et agissent contre les intérêts du peuple cubain et du système politique, économique et social qu’il a choisi librement et défendu héroïquement.

Quant à Almagro et l’OEA, nous ne sommes pas surpris par ses déclarations et ses actes ouvertement anti-cubains. Dans le peu de temps qu’il a été à la tête de cette organisation, il s’est fait remarquer en élaborant, sans aucun mandat des États membres, un programme ambitieux d’autopromotion avec des attaques contre les gouvernements comme le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur.

Dans cette période, les attaques impérialistes et oligarchiques ont redoublé contre l’intégration de l’Amérique latine et des Caraïbes et contre les institutions démocratiques de certains de nos pays. Dans une offensive néolibérale, des millions de Latino-Américains sont retournés à la pauvreté, des centaines de milliers ont perdu leur emploi, contraints à émigrer, où ils ont disparu ou été tués par les mafias tandis que s’étendent dans l’hémisphère, les idées isolationnistes et protectionnistes, la détérioration de l’environnement, les déportations, les discriminations raciale et religieuse, l’insécurité et la répression brutale.

Où était l’OEA qui a toujours gardé un silence complice face à ces réalités ? Pourquoi se tait-elle ? Il faudra se lever tôt pour essayer de vendre aux Cubains, “les valeurs et les principes du système interaméricain” face à la dure et antidémocratique réalité générée par ce système. Il faut avoir une bien médiocre mémoire pour ne pas se rappeler qu’en Février 1962, Cuba s’est levée, solitaire, contre ce “conclave immoral”, comme Fidel l’a dénommé lors de la Seconde Déclaration de La Havane. Cinquante cinq ans plus tard, avec les peuples et les gouvernements du monde, nous devons réitérer, comme l’a exprimé le président Raul Castro, que Cuba ne reviendra jamais dans l’OEA. José Martí a averti que “ni les peuples, ni les hommes ne respectent celui qui ne se fait pas respecter (…) les hommes et les peuples vont de par ce monde, ils touchent du doigt la chair étrangère pour voir si elle est molle ou si elle résiste, et il faut une chair dure pour rejeter les doigts audacieux”.

A Cuba nous n’oublions pas les leçons de l’histoire.

La Havane, le 22 Février 2017

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